La dette invisible : le grand angle mort
Ce que je vois partout en 2025, c’est une dette qui grandit en silence.
Une dette que personne ne nomme.
Une dette qui ne vient pas des outils… mais de la manière dont vos équipes les utilisent.
J’appelle ça la dette organisationnelle.
Je rencontre cette dette depuis mes premiers accompagnements, il y a vingt ans.
Je l’ai vue dans les universités, dans les entreprises, dans les directions… et aussi chez celles que j’observe simplement, en dehors de toute mission.
Elle s’est inscrite progressivement, depuis les premières digitalisations jusqu’à l’usage de l’IA aujourd’hui.
J’observe beaucoup d’intérêt autour de l’IA, beaucoup d’émerveillement devant ce qu’elle peut faire.
Mais ces usages restent souvent isolés, fragmentés, sans regard d’ensemble.
C’est dans cet écart que la dette organisationnelle s’installe.
Un phénomène silencieux
Les usages se multiplient.
Chacun avance à sa façon, chacun cherche sa logique.
À l’extérieur, tout semble fonctionner.
En dessous, la structure se fissure.
Une dette qui ressemble aux dettes techniques
Dans les projets numériques que j’ai accompagnés, j’ai souvent vu ce qui arrive quand on avance vite sans aligner ce qui doit l’être.
La dette organisationnelle suit le même mouvement… mais elle impacte votre manière de travailler, vos habitudes, votre culture.
C’est souvent ici que je vois les dirigeants s’arrêter, regarder ce qui s’installe, et décider comment l’IA doit vraiment soutenir leur manière de travailler.
Des usages dispersés qui créent l’incohérence
Chaque collaborateur utilise l’IA à sa manière
Une formation donne des bases, évidemment.
Mais ce qui s’installe ensuite dépend du quotidien, des habitudes, des outils choisis et du niveau d’appropriation de chacun.
Sans cadre vivant derrière la formation, l’usage se disperse naturellement, au rythme de chaque personne et de chaque service.
Je l’ai déjà vécu il y a vingt ans.
Au début de la digitalisation, quand j’étais au Royaume-Uni, les premières plateformes pédagogiques ressemblaient à des dépôts de PDF.
Chacun faisait “comme il pouvait”.
Aucun cadre.
Aucune cohérence.
Résultat : il a fallu tout reprendre.
Le risque d’une organisation à plusieurs vitesses: certaines équipes avancent vite, d’autres composent comme elles peuvent.
Et chacune pense avancer dans le bon sens.
L’absence d’un langage commun : à ce stade, même les dirigeants ne savent plus quelle version est la référence, ni quel livrable doit servir de base.
Les coûts réels : temps et erreurs
Corriger après coup coûte toujours plus cher — je le vois dans chaque mission.
Réparer prend du temps, de l’énergie et des ressources.
Et avec l’IA, tout va si vite qu’on se retrouve à ajuster en arrière-plan plutôt qu’à avancer sereinement.
C’est là que la dette organisationnelle se renforce : dans tous ces retours en arrière qu’on pourrait éviter si le cadre était posé dès le départ.
Quand l’usage est dispersé, l’erreur circule plus vite et plus loin — c’est l’un des effets que je vois le plus souvent en entreprise.
« Une étude HBR / MIT CISR (2025) le souligne clairement : mal pilotée, l’innovation numérique devient un gaspillage de ressources. »
Pourquoi la dette explose en silence
Le travail semble avancer, mais se fragilise
Vos équipes produisent.
Mais elles produisent sur un sol mouvant.
L’illusion que tout va bien grâce à l’IA
L’outil donne l’impression que tout s’accélère.
Mais la rapidité masque la fragilité.
L’activité masque le désordre.
L’absence de garde-fous crée une absence de visibilité
Sans cadre, personne ne voit vraiment où ça dérive.
Et plus la cadence s’accélère, plus cette dérive devient difficile à percevoir.
Ce silence, je le vois partout : chaque service avance avec son rythme, ses urgences, ses outils…et rien ne relie vraiment ces mouvements.
Préparer 2026 : gouvernance, posture, méthode
Reprendre la main sur les usages
Un cadre simple.
Cohérent.
Partagé.
Pas un règlement de 40 pages.
Une intention claire.
Un périmètre décidé.
Des règles compréhensibles pour tous.
Clarifier les responsabilités
Qui fait quoi ?
Avec quel outil ?
Pour quel livrable ?
Avec quelle qualité attendue ?
Installer une posture organisationnelle
Passer des expérimentations isolées
à des pratiques maîtrisées.
Clarifier 2026 : une année pour reprendre le sujet en main
2025 a accéléré les usages.
2026 doit permettre de reprendre le fil, de nommer ce qui s’est installé,
et de décider comment l’IA doit vraiment soutenir votre manière de travailler.
Ce n’est pas une question d’outils.
C’est une question de posture.
« L’IA devient un levier quand le dirigeant reprend la main sur la manière de travailler — pas seulement sur les outils, mais sur les pratiques qui s’installent chaque jour. »
Et c’est souvent à ce moment-là que j’interviens :
pour accompagner les équipes à avancer ensemble,
avec clarté et cohérence.
À propos de l’auteur
Micheline Boutrin Deroire
Fondatrice de PAS À PAS DIGITAL, consultante stratégique en IA appliquée aux métiers et à la transformation humaine des organisations.
Elle accompagne les cadres, dirigeants et responsables d’équipe qui souhaitent intégrer l’intelligence artificielle dans leurs pratiques, en cultivant une posture managériale consciente et une culture du changement alignée.
Son approche relie quatre axes : IA, optimisation numérique, usages et posture — pour transformer sans se perdre.
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